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16 ans d'action : de l'urgence à l'aide au développement
L'association Nomade est née en 1987 à la suite des années de grande sécheresse de 1984 et 1985, qui ont entraîné des dégâts considérables dans les pays du Sahel, au Niger en particulier
Bidonvilles et urgence médicale
Le manque d'eau a été à l'origine d'une disparition quasi complète des pâturages, avec, pour conséquence, la mort de pratiquement tout le cheptel bovin et ovin des populations nomades : Touaregs et Peuls. Ces derniers se sont concentrés autour des grands centres urbains, créant ainsi de véritables bidonvilles où se sont entassées des milliers de personnes dans conditions sanitaires déplorables. La malnutrition importante a touché en premier les enfants, causant de nombreux décès.
Notre première intervention a été d’assurer des consultations médicales. Par la suite, nous avons contribué à la construction de cases afin de donner un toit à ces populations.
Des associations locales — Caritas Niger, Plan d'aide alimentaire mondial (P.A.M.), etc. — ont pris en charge ces populations sur le plan alimentaire. Des jardins ont été créés, une école ainsi qu'un dispensaire ont été aménagés, des petits métiers, commerçants
« tabliers », artisans, vendeuses de beignets, se sont installés. Ainsi, peu à peu, un village est né, baptisé Koira Tedji, « nouveau village » en langue locale djerma, situé près de Niamey. Aujourd'hui, ce premier village est totalement autonome.
Des villages pour revivre
L'idée est restée de créer des villages en brousse, sur des terrains prêtés par les populations locales. C'est ainsi qu'on été créés les villages de Koira Margou et Diamangou, sur le canton Tamou, situé à 110 km au sud de Niamey,
Pour chacun d’eux, une aide a été apportée sur le plan alimentaire et sanitaire, ainsi qu'une initiation à l'agriculture. Le but était non seulement d'apporter une aide en situation d'urgence, mais aussi de prévoir l'avenir en sensibilisant les individus aux travaux agricoles ainsi qu'à l'artisanat.
Il fallait rendre ces populations le plus rapidement possible autonomes. Les nomades, recouvrant la santé et recréant des liens sociaux, ont pu recomposer des familles et reconstituer des troupeaux, symboles de leur mode de vie et de leur indépendance.
Cette pause dans le nomadisme a également été mise à profit pour enseigner des rudiments de médecine. Ceux qui le souhaitaient pouvaient apprendre les moyens de prévention et de traitement des maladies les plus courantes, les plus banales, mais aussi les plus mortelles si elles ne sont pas prises à temps : pour les enfants en particulier : paludisme, fièvres, diarrhées, déshydratation, malnutrition...
Des villages pour tous
Les populations nomades sont aujourd'hui reparties et ont repris leur vie pastorale. Nomade, en liaison avec les services sociaux nigériens, accueille désormais des populations de toute ethnie en difficulté.